Rubrique Voyance & deuil

Deuil : pourquoi le temps est essentiel avant de consulter

La personne qui est partie est en repos. On ne peut pas communiquer tout de suite.

Olivier Meltz, médium à Thaon-les-Vosges

Par Olivier Meltz, médium dans les Vosges

Vous venez de perdre quelqu'un. Vous voulez savoir s'il va bien, s'il a compris, s'il vous entend. Et vous voulez le savoir maintenant.

Je vais vous dire non, et je sais que c'est difficile à entendre au moment où vous êtes.

Alors autant vous expliquer pourquoi, plutôt que de vous laisser avec un refus.

La personne est en repos

C'est la raison, et elle tient en une phrase.

Celui ou celle qui vient de partir est en repos. On ne peut pas communiquer avant un certain laps de temps.

Ce n'est pas une règle que j'ai inventée pour organiser mon agenda, ni une précaution que je prends pour me protéger. C'est ainsi que ça fonctionne, et je n'y peux rien changer.

Consulter trop tôt, c'est donc frapper à une porte derrière laquelle il n'y a personne pour répondre.

Trois à six mois, à partir du décès

Voilà le délai que je demande. Il se compte à partir du décès, pas de l'enterrement — la question m'est posée assez souvent pour que je le précise.

Pourquoi une fourchette et pas une date fixe ? Parce que ce n'est pas un délai administratif. Trois mois, six mois : ce n'est pas la même chose selon les situations, et je ne vais pas vous faire croire à une précision qui n'existe pas.

Si vous hésitez sur le moment, appelez-moi et on regardera ensemble. Ça ne vous engage à rien.

Mais avant trois mois, c'est non — sans exception.

Quand on insiste

Ça arrive régulièrement, et je le comprends parfaitement. Quand on cherche un signe, on n'a pas envie d'attendre trois mois de plus.

Alors on me demande une exception. On me dit que c'est urgent, que c'est différent, qu'on ne tiendra pas jusque-là.

J'explique, et je maintiens. Je ne raccroche pas au nez des gens et je ne me contente pas d'un refus sec — mais je ne cède pas non plus, même quand la personne insiste beaucoup.

Céder ne vous rendrait aucun service. Ça me rapporterait une consultation, et ça vous coûterait une déception de plus.

Ce que vous vous épargnez en attendant

Il faut se représenter concrètement ce qui se passerait si je disais oui.

Vous vous déplacez, vous payez, vous vous asseyez avec un espoir énorme. Et rien ne vient. Vous repartez avec une déception supplémentaire, à un moment où vous n'en aviez vraiment pas besoin.

Ou pire : vous tombez, ailleurs, sur quelqu'un qui accepte et qui vous fabriquera quelque chose pour que vous ne repartiez pas les mains vides.

Attendre coûte moins cher que ces deux scénarios.

Ceux qui acceptent tout de suite

Vous trouverez sans difficulté des praticiens qui vous recevront trois jours après un décès. C'est même ce qui vous arrivera dans la plupart des cas.

Posez-vous alors une question simple : qu'est-ce qui compte le plus pour cette personne ?

Refuser une demande, c'est refuser un revenu. Accepter, c'est encaisser une consultation auprès de quelqu'un qui ne discutera ni le prix ni le résultat.

Un praticien qui vous demande d'attendre travaille contre son propre intérêt immédiat. C'est un renseignement en soi.

En attendant, vers qui vous tourner

Ces mois-là sont souvent les plus durs, et je ne vais pas vous laisser avec un « revenez plus tard » pour seule réponse.

Ce n'est pas d'une consultation que vous avez besoin dans l'immédiat. C'est d'un accompagnement humain, et il existe.

Votre médecin est le premier interlocuteur, et il peut vous orienter. Un psychologue ou une association d'accompagnement du deuil vous soutiendront dans la durée — ce qu'aucune consultation ne peut faire.

Et si la douleur devient trop lourde à porter, le 3114 est gratuit et joignable jour et nuit.

Questions fréquentes

Le délai part du décès ou de l'enterrement ?

Du décès. C'est cette date-là qui compte, pas celle des obsèques.

Et si le décès remonte à plusieurs années ?

Alors le délai est largement passé et il n'y a aucune raison d'attendre davantage. Ce n'est pas une question d'ancienneté : c'est uniquement le tout début qui pose problème.

Puis-je consulter sur un autre sujet en attendant ?

Oui, rien ne s'y oppose — l'amour, le travail, une question précise. Ce qui est écarté, c'est le sujet du deuil lui-même, pas votre droit de me consulter pour autre chose.

Comment savoir si je suis prêt ?

Appelez-moi et on en parlera au moment de fixer le rendez-vous. Je ne facture pas une prise de rendez-vous — mais si vous avez besoin de parler longuement de ce que vous traversez, c'est un professionnel du deuil qu'il vous faut, pas moi.

Un autre praticien m'a reçu tout de suite, s'est-il trompé ?

Je ne juge pas le travail des autres et je ne les connais pas. Je vous dis simplement comment je travaille, et pourquoi. À vous de voir ce que vous en faites.

Si vous avez besoin d'aide maintenant

Votre médecin — le premier interlocuteur, et il peut vous orienter.

Un psychologue, une association d'accompagnement du deuil — un soutien réel, dans la durée.

Le 3114 — si la douleur devient trop lourde à porter. Gratuit, jour et nuit.

Et quand le délai sera passé, pour prendre rendez-vous au cabinet :

06 46 21 68 93