
SIRET, KBIS, mentions légales : décrypter les documents officiels d’un voyant
Quand on cherche un voyant sérieux, on parle souvent du SIRET, mais c’est loin d’être le seul document à connaître. KBIS, mentions légales, conditions générales de vente, attestations diverses… Tous ces éléments officiels racontent une histoire sur le professionnel que vous vous apprêtez à consulter. Apprenez à les décrypter pour faire le bon choix en toute connaissance de cause.

Le SIRET : la carte d’identité de l’entreprise
Commençons par le document que vous connaissez peut-être déjà. Le SIRET (Système d’Identification du Répertoire des Établissements) est un numéro à 14 chiffres composé de deux parties :
- Les 9 premiers chiffres forment le SIREN, qui identifie l’entreprise
- Les 5 derniers chiffres forment le NIC, qui identifie l’établissement précis
Pour un voyant en activité, ce numéro est obligatoire. Il prouve qu’il est enregistré auprès de l’INSEE et reconnu comme entrepreneur par les administrations françaises. Le SIRET doit figurer sur :
- Le site internet (mentions légales, pied de page)
- Les factures délivrées après prestation
- Les supports de communication officiels
Un voyant qui ne possède pas de SIRET — ou qui refuse de le communiquer — exerce dans l’illégalité. Aucune exception ne tient.
Le KBIS : le document de référence pour les sociétés
Le KBIS (parfois appelé “K-Bis”) est un document officiel qui ne concerne que les sociétés commerciales : EURL, SARL, SASU, SAS. Si le voyant exerce sous l’un de ces statuts, il dispose d’un KBIS, véritable “carte d’identité” de son entreprise.
Le KBIS contient :
- La dénomination sociale (nom de la société)
- Le numéro RCS (Registre du Commerce et des Sociétés)
- L’adresse du siège social
- Le capital social
- L’identité des dirigeants
- L’objet social (description de l’activité)
- La date d’immatriculation
À noter : un voyant auto-entrepreneur (statut très répandu dans la profession) n’a pas de KBIS, puisqu’il ne s’agit pas d’une société. Dans ce cas, le numéro SIRET et l’inscription au registre national des entreprises suffisent.
Le KBIS peut être obtenu gratuitement sur monidenum.fr par le dirigeant, ou consulté pour quelques euros par tout tiers via infogreffe.fr. Si un voyant exerce en société et que vous voulez vous assurer de son sérieux, demander un extrait de KBIS récent (moins de 3 mois) est une démarche tout à fait légitime.
Les mentions légales : un trésor d’informations
Les mentions légales sont obligatoires sur tout site internet professionnel en France, y compris ceux des voyants. Elles doivent contenir un certain nombre d’informations précises, fixées par la loi (article 6 de la LCEN — Loi pour la Confiance dans l’Économie Numérique).
Voici ce que vous devez y trouver sur le site d’un voyant sérieux :
- L’identité du responsable (nom, prénom, ou dénomination sociale)
- L’adresse du siège social ou du domicile professionnel
- Le numéro de téléphone et/ou l’adresse email de contact
- Le numéro SIRET ou SIREN
- Le numéro de TVA intracommunautaire (si applicable)
- Le nom du directeur de la publication (souvent le voyant lui-même pour un site personnel)
- Les coordonnées de l’hébergeur du site internet
- La mention du registre d’immatriculation pour les sociétés
Si l’une de ces mentions manque, c’est déjà un signal négatif. Si toutes sont absentes, fuyez : vous êtes très probablement face à un site illégal.
Les conditions générales de vente (CGV)
Les CGV sont le contrat qui vous lie au voyant pour la prestation. Pour les ventes à distance (consultation par téléphone, internet, etc.), elles doivent être facilement accessibles avant tout engagement. Un voyant sérieux y précise :
- La nature exacte des prestations proposées
- Les tarifs détaillés (au temps passé, au forfait, etc.)
- Les modalités de paiement acceptées
- Les modalités de livraison de la prestation (téléphone, mail, visio…)
- Le droit de rétractation et ses conditions d’application
- Les modalités de réclamation en cas de litige
- La durée de conservation des données personnelles
- Le tribunal compétent en cas de litige
Des CGV claires, précises et complètes sont la marque d’un professionnel rigoureux. Méfiez-vous de leur absence ou de leur caractère sommaire.
La politique de confidentialité (RGPD)
Depuis l’entrée en vigueur du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) en 2018, tout site collectant des données personnelles doit publier une politique de confidentialité claire. Dans le cas d’un voyant, cela concerne :
- Vos données de contact (nom, email, téléphone)
- Le contenu de vos consultations (souvent très intimes)
- Vos données de paiement
- Vos données de navigation sur le site (cookies)
Une politique RGPD sérieuse précise quelles données sont collectées, pourquoi, combien de temps elles sont conservées, et comment vous pouvez exercer vos droits (accès, rectification, suppression). Pour un voyant qui touche à l’intime, cette protection est essentielle.
L’attestation de TVA et le régime fiscal
La plupart des voyants exercent sous le régime de la franchise en base de TVA, qui les exempte de facturer la TVA en dessous d’un certain seuil de chiffre d’affaires (39 100 € en prestations de services au 1er janvier 2025). Dans ce cas, leurs factures portent la mention “TVA non applicable, article 293 B du CGI”.
Au-delà de ce seuil, ils sont assujettis à la TVA et leur facture inclut un taux de TVA (généralement 20% pour les prestations de service). Cette information figure :
- Sur les factures délivrées
- Dans les mentions légales (numéro de TVA intracommunautaire)
- Parfois dans les CGV
Un voyant qui facture la TVA sans avoir de numéro de TVA intracommunautaire, ou qui prétend être exonéré sans afficher la mention légale appropriée, n’est pas en règle.
Le code APE/NAF : l’identité de l’activité
Le code APE (Activité Principale Exercée), aussi appelé code NAF, est attribué par l’INSEE à chaque entreprise pour identifier son secteur d’activité. Pour la voyance, plusieurs codes sont possibles, mais le plus fréquent est le 9609Z – autres services personnels n.c.a. (non classés ailleurs).
Vous pouvez consulter ce code sur la fiche entreprise via les portails officiels. Un voyant déclaré sous un code totalement éloigné de son activité (par exemple, un code de “conseil en gestion d’entreprise” ou de “vente de vêtements”) doit éveiller votre méfiance.
Les attestations spécifiques (et celles qui n’existent pas)
Précisons un point important : il n’existe pas en France de diplôme officiel de voyant ni de certification d’État. Personne ne peut prétendre avoir un “agrément ministériel de voyance” — cela n’existe pas. Méfiez-vous des sites qui brandissent de prétendues certifications ronflantes.
En revanche, il existe :
- Des formations privées en cartomancie, tarot, numérologie (de qualité très variable)
- Des associations professionnelles qui regroupent les voyants
- Des chartes éthiques internes à certains réseaux ou plateformes
Aucun de ces éléments n’a de valeur juridique officielle, mais ils peuvent témoigner d’un engagement professionnel sérieux. À considérer comme un plus, jamais comme une garantie ultime.
Comment tout vérifier en pratique
Voici une check-list pratique à dérouler avant toute consultation chez un nouveau voyant :
- Aller dans les mentions légales du site
- Noter le numéro SIRET et vérifier sa validité sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr
- Vérifier le statut juridique (entreprise individuelle, auto-entrepreneur, EURL, SASU…)
- Lire les CGV dans leur intégralité, surtout les passages sur les tarifs et la rétractation
- Consulter la politique de confidentialité (RGPD)
- Vérifier la cohérence entre nom, adresse, activité annoncés et déclarés
- Examiner les factures types ou exemples si disponibles
L’opération entière prend une quinzaine de minutes la première fois, beaucoup moins ensuite. C’est un investissement minime au regard de votre tranquillité et de la qualité de la consultation qui suivra.
Conclusion : la transparence administrative, une marque de respect
Pour un voyant professionnel, mettre à disposition de ses clients l’ensemble des documents officiels n’est pas une contrainte : c’est un acte de respect. C’est dire “je n’ai rien à cacher”, “vous pouvez me faire confiance”, “je m’inscris dans la durée et dans la légalité”.
À l’inverse, l’opacité administrative est presque toujours synonyme de pratiques douteuses. Un voyant qui complique l’accès à ses informations légales, qui élude vos questions ou qui se réfugie derrière un pseudonyme énigmatique sans aucune transparence n’est pas le bon choix.
En matière de voyance comme dans tous les domaines de la vie, la transparence est la première marque de confiance. Apprenez à lire les documents officiels : c’est l’un des plus précieux outils du consultant éclairé.