Rubrique Travail & finances

Vais-je décrocher ce poste ?

L'entretien est passé. Vous avez tout donné. Et maintenant, vous ne pouvez plus rien faire.

Olivier Meltz, médium à Thaon-les-Vosges

Par Olivier Meltz, médium dans les Vosges

C'est une période très particulière, et beaucoup de gens la sous-estiment tant qu'ils ne l'ont pas vécue.

Vous avez préparé votre entretien, vous y êtes allé, vous avez répondu du mieux que vous pouviez. Et à la seconde où la porte s'est refermée derrière vous, vous avez perdu toute prise sur la suite. Il n'y a plus rien à faire, rien à améliorer, rien à tenter.

C'est cette impuissance-là qui pousse à chercher une réponse ailleurs. Voici ce qu'une consultation peut vous dire là-dessus, et ce qu'elle ne vous dira pas.

Ce que le silence vous fait faire

Le premier jour, vous êtes plutôt confiant. Le troisième, vous commencez à repasser l'entretien dans votre tête. Le septième, vous en êtes à analyser l'intonation d'une phrase du recruteur.

Vous vous souvenez soudain d'une réponse maladroite. Vous vous demandez si ce silence à la fin voulait dire quelque chose. Vous consultez votre boîte mail dix fois par jour, y compris le dimanche, alors que personne ne recrute le dimanche.

Et vous refaites le calcul en permanence : ils avaient dit « une semaine », on est à dix jours, donc c'est mauvais signe. Ou alors ils hésitent. Ou alors la personne est en congés.

Cette période use plus que l'entretien lui-même, parce qu'elle dure et qu'on n'y peut rien.

Les signes que vous croyez lire

Autant le dire franchement : aucun d'entre eux n'est fiable, et voici pourquoi.

« L'entretien a duré une heure au lieu de trente minutes. » Ça peut vouloir dire qu'on vous a trouvé intéressant. Ça peut aussi vouloir dire que le recruteur aime parler, ou qu'il avait du temps ce jour-là.

« Il était très chaleureux, on a bien accroché. » Beaucoup de recruteurs sont chaleureux avec tout le monde — c'est leur métier de mettre à l'aise, et une bonne entreprise soigne l'image qu'elle laisse même aux candidats refusés.

« On m'a rappelé pour un second entretien. » Excellent signe, effectivement. Mais vous n'êtes probablement pas le seul dans ce cas — c'est justement l'intérêt d'un second tour.

« L'annonce est toujours en ligne. » Celui-là ne veut absolument rien dire. Les annonces restent en ligne par oubli, par automatisme, ou par prudence tant que rien n'est signé.

Le problème n'est pas que vous interprétiez mal. C'est que ces éléments ne contiennent pas l'information que vous y cherchez.

Ce qu'une lecture répond — et ce qu'elle ne répond pas

Soyons précis, pour que vous sachiez ce que vous achetez.

Ce que je peux dire : si cette candidature aboutit ou non. Et souvent, quelque chose de plus large sur votre situation professionnelle — ce qui se dessine pour vous au-delà de ce poste précis.

Ce que je ne dirai pas : quand la réponse arrivera. Aucune notion de temps, ni date, ni délai. Si vous cherchez à savoir si c'est pour cette semaine ou la suivante, personne ne peut vous le dire honnêtement.

Ce que je ne ferai pas non plus : vous rapporter ce qui se dit en interne. Qui a défendu votre dossier, qui a fait la moue, ce que le directeur a pensé de vous. Ces gens ne sont pas là, ils n'ont rien demandé, et je ne mets pas de propos dans la bouche d'inconnus.

Et je ne dirai pas non plus qu'un concurrent vous a coiffé au poteau, ou qu'on vous en veut. C'est le genre d'affirmation qui ne coûte rien à prononcer et qui vous laisse avec de l'amertume pour rien.

Ce qui compte plus que la réponse elle-même

Voilà un point que les gens ne voient pas en venant, et qui s'avère souvent le plus utile.

Vous voulez savoir si vous décrochez ce poste. Mais la vraie question, celle qui compte pour la suite, c'est plutôt : est-ce que cette voie est la bonne pour vous ?

Parce qu'il arrive qu'un poste se conclue et qu'il soit une erreur. Et il arrive qu'un refus vous évite exactement ça — une entreprise où vous auriez été malheureux, un métier qui n'était pas fait pour vous, un déménagement que vous auriez regretté.

Quand quelque chose se dessine largement de votre côté professionnel, cette candidature-ci devient un épisode parmi d'autres. Et ça change complètement la façon dont vous vivez l'attente.

Un refus ne dit pas ce que vous croyez

Si la réponse est négative, vous allez chercher ce que vous avez raté. C'est humain, et c'est presque toujours injuste envers vous-même.

Les raisons d'un recrutement échappent complètement au candidat. Un budget gelé entre l'annonce et la décision. Un candidat interne qu'il fallait recevoir pour la forme, mais qui était déjà choisi. Une réorganisation qui supprime le poste. Un salaire revu à la baisse. Quelqu'un qui avait exactement le logiciel utilisé par la maison.

Vous n'aurez jamais l'explication réelle — on ne la donne pas, et parfois on ne peut pas la donner. Vous resterez donc avec votre propre version, celle où c'est votre faute.

Ne construisez pas votre confiance sur une décision que vous ne comprendrez jamais.

Surtout, ne mettez rien en pause

C'est le conseil le plus concret que je puisse vous donner, et je le répète souvent en consultation.

Quand un entretien s'est bien passé, on ralentit. On envoie moins de candidatures, on décline un autre rendez-vous, on se dit qu'on va attendre la réponse avant de relancer la machine. C'est parfaitement compréhensible — et c'est risqué.

Si la réponse est non, vous avez perdu deux ou trois semaines de recherche, et vous repartez de zéro avec le moral en moins. Alors que si vous aviez continué, vous auriez d'autres pistes en cours au moment où le refus tombe.

Continuez comme si de rien n'était. Vous ne trahissez personne, et une entreprise qui vous fait attendre trois semaines ne se prive certainement pas de recevoir d'autres candidats pendant ce temps.

Questions fréquentes

Dois-je relancer le recruteur ?

Ce n'est pas mon domaine et je ne vais pas vous faire la leçon là-dessus. Une chose tout de même : si vous relancez pour obtenir une information, très bien. Si vous relancez pour faire cesser votre angoisse, ça ne marchera pas — vous serez soulagé une heure, puis l'attente reprendra.

Puis-je consulter avant l'entretien plutôt qu'après ?

Vous pouvez, mais je vous le déconseille franchement. Vous arriveriez à cet entretien avec une idée préconçue de l'issue — soit trop sûr de vous, soit déjà résigné. Dans les deux cas, ça se voit en face et ça vous dessert. Après l'entretien, vous ne risquez plus rien.

J'attends une réponse pour plusieurs postes en même temps

Dans ce cas, une question isolée à 5 € ne suffira pas — elle ne porte que sur un point précis. Le thème professionnel est plus adapté : il donne une lecture d'ensemble de votre situation, et c'est justement ce dont vous avez besoin quand plusieurs pistes sont ouvertes.

Le recruteur m'a-t-il menti sur le poste ?

Je ne me prononce pas sur l'honnêteté de quelqu'un qui n'est pas là pour se défendre — c'est une règle chez moi, quel que soit le domaine. En revanche, si quelque chose vous a mis mal à l'aise pendant cet entretien, ce ressenti est une information, et il mérite d'être pris au sérieux.

On m'a proposé le poste, mais j'hésite à l'accepter

C'est une tout autre question, et souvent plus intéressante. Une hésitation après une bonne nouvelle mérite qu'on s'y arrête : elle vient rarement de nulle part. Attention en revanche — je ne vous dirai pas d'accepter ou de refuser. Ce choix vous appartient entièrement.

Sortir de l'attente

Pour une candidature précise, une seule question suffit. Si plusieurs pistes sont ouvertes ou si vous vous interrogez sur la direction que prend votre carrière, le thème professionnel donne une vision d'ensemble.

Une seule question — 5 € Thème professionnel — 15 € Lecture complète — 30 €