Rubrique Les diplômes

Le don de voyance : inné ou acquis ?

Ma réponse tient en une phrase. Le reste, c'est mon parcours.

Olivier Meltz, médium à Thaon-les-Vosges

Par Olivier Meltz, médium dans les Vosges

C'est la question qui revient le plus quand on apprend ce que je fais. Est-ce qu'on naît avec, ou est-ce que ça se travaille ?

Ma réponse tient en une phrase : on peut apprendre la signification des cartes, mais la médiumnité est en nous. On l'a ou on ne l'a pas.

Voilà pour le principe. Le reste de cet article, c'est mon parcours — parce que je n'ai que ça à vous offrir sur ce sujet, et que ça vaut mieux que des théories.

Trois générations

Je ne suis pas le premier de ma famille. Mon grand-père maternel avait le don, et son père avant lui.

Trois générations en ligne directe, du côté de ma mère. Je ne vais pas vous en tirer une théorie sur l'hérédité — je ne suis ni généticien ni chercheur, et je ne sais pas ce que ça prouve.

Ce que je constate, simplement, c'est que je n'ai rien cherché ni rien demandé. C'était là avant moi.

Ça a commencé à l'école primaire

Les gens autour de moi pensaient que je parlais tout seul. En réalité, je parlais avec mes guides.

Je serais bien incapable de vous restituer le contenu de ces conversations aujourd'hui — c'est trop loin, et j'étais un enfant. Ce dont je me souviens, c'est que ça n'avait rien d'étrange pour moi. C'était normal, comme respirer.

Je précise une chose au passage, parce qu'elle m'agace. Percevoir depuis l'enfance ne veut pas dire consulter depuis l'enfance. Vous verrez des praticiens de trente ans annoncer trente ans de pratique — un bébé ne reçoit personne, et un enfant non plus.

Moi, j'exerce depuis 2009. C'est différent, et c'est vérifiable.

Les cartes, je ne les ai pas apprises non plus

Voilà qui nuance ma propre phrase, et je préfère le dire.

J'ai dit qu'on pouvait apprendre la signification des cartes. C'est vrai — mais dans mon cas, ce n'est pas ce qui s'est passé. Les significations me sont apparues comme ça, sans que je regarde quoi que ce soit.

J'ai bien consulté les livrets fournis avec chaque jeu, par curiosité. Et j'ai constaté que leurs significations ne correspondent pas toujours à ce que je perçois.

Ce n'est pas que les livrets aient tort. C'est que ce que je reçois ne passe pas par eux.

Le tarot de Marseille qui me brûle les mains

Il y a un fait que je n'explique pas, et je ne vais pas inventer une explication pour faire joli.

J'ai essayé le tarot de Marseille, le jeu le plus répandu de tous. Il me brûle les mains. Sans douleur, mais impossible à tenir. Je n'ai jamais compris pourquoi, et aujourd'hui encore je n'ai aucune réponse.

J'ai essayé aussi l'Oracle Gé — très simple à lire, mais pas assez précis à mon goût. Et divers jeux dérivés du Marseille, sans conviction.

Je travaille donc avec trois oracles seulement : le Belline, la Triade et l'Oracle des Miroirs. Ce sont les seuls que j'arrive à interpréter sans blocage.

Ce détail dit quelque chose sur la question posée par cet article : si tout relevait de l'apprentissage, je pourrais travailler avec n'importe quel jeu en l'étudiant. Ce n'est pas le cas.

Le magnétisme est venu par un chien

Je ne l'ai appris nulle part non plus. Il s'est révélé de la façon la plus inattendue.

Un chien n'arrivait plus à marcher — un nerf coincé. J'ai simplement essayé de le soulager, sans rien attendre de particulier. Il a remarché normalement.

Ce détail compte pour la question qui nous occupe : un animal ne se laisse pas convaincre, ne veut pas faire plaisir et n'a aucune raison de faire semblant. C'est ce qui m'a fait prendre la chose au sérieux.

Là encore, je n'avais rien cherché.

Ce qui évolue, en revanche

Dire que le don est inné ne veut pas dire qu'il reste figé. C'est même l'inverse.

Plus on travaille la voyance, plus elle évolue. Ce n'est pas une formule : c'est ce que je constate depuis 2009.

Ce qui change avec les années, c'est aussi la façon de restituer. On apprend à formuler les choses sans blesser, à savoir quand se taire, à reconnaître ce qu'on ne perçoit pas plutôt que de meubler. Ça, ce n'est plus du don — c'est du métier.

Autrement dit : le point de départ ne s'acquiert pas, mais tout le reste se travaille.

Questions fréquentes

Mon enfant semble avoir quelque chose, que dois-je faire ?

Des parents m'en ont déjà parlé, et je vous réponds franchement : la plupart pensent que leurs enfants ont des dons particuliers, et pas seulement en voyance. En général, si une personne a un don de médium, un autre médium le lui dira sans qu'on le lui demande. N'allez donc pas chercher une confirmation — si c'est le cas, ça se saura tout seul.

Le don se transmet-il dans une famille ?

Dans la mienne, oui : mon grand-père maternel et son père. Trois générations en ligne directe. Je ne peux pas en tirer une règle générale — je constate mon propre cas, c'est tout ce que je peux honnêtement affirmer.

Peut-on perdre son don ?

Ce que je constate va dans l'autre sens : plus on travaille la voyance, plus elle évolue. Je n'ai pas connu de perte, donc je ne vais pas vous répondre sur ce que je n'ai pas vécu.

Avez-vous choisi vos oracles ?

Pas vraiment. Le Belline, la Triade et l'Oracle des Miroirs sont les seuls que j'arrive à interpréter sans blocage. Le tarot de Marseille, lui, me brûle les mains — je n'ai aucune explication à vous donner, et je préfère le reconnaître.

Une formation vous aurait-elle rendu meilleur ?

Je n'en ai jamais suivi aucune, ni en voyance ni en magnétisme, donc je ne peux pas comparer. Ce que je sais, c'est que les significations me sont venues seules et que les livrets ne correspondent pas toujours à ce que je perçois. Un cours ne m'aurait pas donné ça.

Rien appris, tout constaté

Trois oracles, un prénom, une date de naissance : c'est avec ça que je travaille depuis 2009. Vous n'avez rien à raconter et rien à préparer — c'est moi qui parle.

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